En route vers le sommet… de la diversion !
admin2 | Jul 21, 2009 | Comments 0
Scandaleux, honteux et ahurissant ! Les qualificatifs ne suffisent pas pour décrire le feuilleton médiatique sans queue, ni tête, qui s’est déroulé sur la chaîne de télévision “Walf-Tv” sur laquelle les téléspectateurs réclament tout, sauf de la manipulation et de la “peoplisation” à outrance.
Si c’était juste Karim qui se soumet à une Interview sur “Walf”, il n y aurait rien à dire. Mais, des journalistes qui applaudissent en direct, tels des spectateurs à Sorano, Karim c’est tout simplement étonnant et effarant. Cet accueil réservé au fils du président, que l’on ne s’y trompe pas, était bel et bien préparé, planifié. Grande table style salle de conférence, présence d’une bonne partie de la rédaction et naturellement celle de Sidy Lamine Niasse, maître des lieux, au micro central, il fallait vraiment le faire. Mais après tout, on ne peut pas ne pas bien accueillir le fils de sa majesté, et Sidy n’a d’ailleurs pas raté l’occasion d’exprimer tout son bonheur d’accueillir un “illustre invité” en la personne de Karim Wade ! Karim Meïssa aussi, en garçon bien éduqué, lui a bien rendu la politesse, exprimant à son tour, toute sa gratitude pour la solidarité de Sidy Lamine, lors du décès de sa femme Karine.
Jusqu’ici, rien d’anormal, la courtoisie sénégalaise veut bien cela. Mais là où, les carottes et les choux se mélangent, c’est lorsque la politique fait subitement irruption dans cette réception qui n’était au début qu’une visite de courtoisie, et qui est finalement devenue une sorte de deuil sans fin que Karim utilise comme prétexte pour pouvoir accéder à certains leaders politiques. L’on se rappelle cette récente visite rendue à Moustapha Niasse avec de petites phrases à la clef : “C’est vous qui m’avez mis dans cette galère“, photos avec Niasse par là, évocation de Dansokho, son “tonton” ! Il est bien malin Karim et il commence à s’habituer à ses petits trucs bien sénégalais et aux manœuvres politiciennes !
Mais bon, pour qui connaît Sidy Lamine Niasse, ce n’est pas du tout le genre à faire des choses fortuites. Les remerciements suite aux condoléances, visites, et tout cela, juste un prétexte pour faire passer les vrais messages. Remerciements, qui arrivent sans doute bien tard puisque le mollah de Sacré Coeur est le dernier à qui Karim a rendu visite !
Mais au fond, demi-majesté a semblé bien touché par les piques de Tanor sur la gestion de l’Anoci, en Comité central. En effet, la réplique de Wade fils a été d’une rare fermeté puisqu’on ne l’a jamais vu aussi offensif, à la limite pressé d’en découdre avec le secrétaire général du Parti Socialiste. Comédie aussi, puisque demi-majesté ne se fait quand même pas d’illusion, car, pour rien au monde, Tanor ne débattrait avec lui. L’alter ego de ce dernier, c’est quand même Wade père ! cela au moins, il en est bien convaincu.
Ou alors peut-être, visait-il Tanor pour chercher à casser la logique de dialogue dans laquelle Wade s’est inscrite avec l’opposition ? Et ce qui semble renforcer cette idée, c’est la question de savoir pourquoi Meïssa n’a pas attaqué Moussa Touré, Latif Coulibaly, ou alors Mamadou Mbodji du Forum civil qui ont été plus virulents que Tanor ? Karim est en tout cas en train de causer du tort à son père qui a fini de qualifier Ousmane tanor Dieng d’homme politique le plus républicain.
Réaction épidermique ou juste attitude de fils de chef d’Etat ? “Je suis prêt à venir débattre avec Ousmane Tanor Dieng qui a beaucoup parlé de l’Anoci. Il peut être accompagné s’il le désire de techniciens et collaborateurs de son choix. Je lui démontrerais que tout ce qu’il dit ne repose sur rien de véridique. Il a affirmé des choses lors du comité central de son parti, il n’a qu’à venir à ce débat prouver aux sénégalais ce qu’il avait dit”, a-t-il déclaré sur Walf Tv
Et Karim d’ajouter comme pour donner plus de force son invitation “Demain dimanche, je serai là dans les locaux de “Walf” à 19 h 55 pour attendre Ousmane Tanor Dieng. J’y serai d’ailleurs 30 minutes avant le démarrage pour vous dire que je suis décidé à en découdre avec lu !i” clame d’une voix volcanique Karim Wade qui s’est présenté en homme sûr de lui.
Mais Tanor a bien d’autres chats à fouetter que de débattre avec le fils du président, selon en tous cas Wilane, porte-parole du parti socialiste, ce sac à paroles avec une langue aussi tranchante que toutes les lames de rasoir réunies, et qui a fini de ramener Karim Meïssa, au rang de “Yaawou-Diaal” défiant Yékini. Eh oui, “à bon chat, bon rat” !
L’attitude de Wade fils renseigne un peu sur la nature du personnage qui semble ne point aimer la critique, oubliant que la politique est un terrain miné, où, pour se mouvoir, il faut accepter de recevoir des coups et d’avaler des couleuvres. Mais aussi une inexpérience politique certaine. Mais enfin, Ousmane Tanor Dieng est bien dans son rôle d’opposant. Et le seul moyen de faire taire les fouineurs, c’est sans doute de rendre de vrais comptes.
Mais au fond, le vrai problème dans l’histoire, ce n’est sans doute pas Karim, “Walf” lui a servi de tribune, il en a jouie, et c’est normal ; n’importe qui en aurait profitée.
Quoiqu’il en soit, Sidy lamine a davantage terni l’image de sa télé, car le jeu et la mise en scène étaient tellement flagrants et si peu empreints de subtilité. Et puis pour qui connaît Aïssatou Diop Fall avec son manque de subtilité, de finesse et de tact, Sidy Lamine aurait mieux fait de choisir quelqu’un d’autre pour jouer ce rôle. Celle qui a fini de “peopliser” cette télé que l’on croyait jusqu’ici prometteuse, l’enfonce chaque jour dans les abîmes. En a-t-elle seulement conscience ?
Quoiqu’il en soit, Karim a au moins tenu sa promesse. Il était en effet bien sur le plateau de Walf, le dimanche, accompagné pour le besoin du cérémonial d’une meute de personnes acquises à sa cause. Théâtralisation, spectacle, ambiance colorée avec bien entendu des nervis puisqu’Alioune Ndoye, interlocuteur proposé par le Ps, affirme avoir subi la brutalité de ces derniers. Et le plus choquant dans tout cela, c’est la participation active à cette comédie, d’Aïssatou Diop Fall et de Papis Diaw.
Si Aïssatou Diop Fall a paru bien sûr désolée, (on comprend bien qu’elle fait de la comédie), en regrettant l’absence de Tanor, Papis Diaw a voulu faire semblant d’en profiter, en proposant un entretien à Karim. Ce dernier a essayé de pousser un peu plus loin le bouchon puisqu’euphorique et sûr d’avoir marqué des points, il réitère son invitation à Tanor. Ridicules en fin de compte ont été ces deux … journaleux, pardon journalistes ! puisque Karim, qui en avait bien fini avec eux, s’en est allé, comme pour leur dire, “ma mission est accomplie, du vent, je n’ai plus rien à faire avec vous”. Ah oui, c’est comme cela avec les politiques, c’est, “je me sers de vous, et après, je vous jette.”
Mais cette règle Sidy Lamine semble ne l’avoir toujours pas compris. Car pour quelqu’un qui semble amnésique, il ne se rappelle sans doute pas de cette privation de retransmission du défilé du 04 avril pour laquelle, il avait crié sur tous les toits à l’injustice, le complot.
L’on se souvient également de sa sortie dirigée contre l’Artp et son DG, Daniel Goumalo Seck, dans cette histoire de coïncidence flagrante entre une date limite de paiement des redevances des groupes de presse, un dimanche, et la publication en direct de résultats d’élections dans laquelle, la Coalition Sopi2009 et la Génération du Concret avaient été laminées !
Et pourtant ce cher Sidy, défendu sur le principe ( par Babacar Touré, Yakham Mbaye, Jean Meïssa Diop…) notamment sur cette question de la retransmission de la fête de l’indépendance, n’est d’aucun combat de la presse. L’expérience a fini en tout cas à montrer avec ces deux événements, qu’il vaut mieux être du côté de ses confrères que plutôt de celui des politiques, qui en réalité, ne défendent que des intérêts du moment.
Mais heureusement que dans le groupe de Sidy, tout le monde ne se ressemble pas. Des journalistes au lieu d’applaudir, gardent encore leur dignité intacte. “Walf Grand-Place” qui a fini de qualifier le spectacle de Karim de “A côté de la plaque … débat provoqué” est mieux placé que quiconque pour juger l’événement. Et dans l’histoire, c’est Sidy Lamine, Papis Diaw et Aïssatou Diop Fall qui ont été les véritables dindons de la farce.
En fin de compte, cette invitation faite par Karim à Ousmane Tanor Dieng est en réalité un vrai faux débat ainsi qu’une diversion, au vrai sens du mot. Le vrai débat en effet se trouve dans les audits que les sénégalais réclament. C’est le seul et unique moyen pour Karim de se faire une virginité. L’Etat aurait commandité un audit indépendant, personne n’aurait plus rien à dire. Même une plénière en lieu et place de cette audition en inter-commission ne suffit pas.
Karim qui affiche clairement ses ambitions politiques, doit sans doute revoir sa stratégie politique, et surtout sa communication qui peut être résumée en des actions généralement hasardeuses et sans véritable cohérence et impact positif sur l’opinion. Actions contre productives, elles finissent par se retourner contre lui. Un peu de média training, ne pourrait donc lui faire que du bien car, dans sa volonté d’afficher une fermeté voire une détermination, la gestuelle était dispersée et les paroles d’une certaine mollesse. Ce feuilleton médiatique a aussi révélé un personnage directif qui a pris l’habitude de donner des ordres. Aspect qui n’est pas passé inaperçu puisqu’il transparaît dans chaque acte de Wade fils, notamment à travers les ordres à peine voilés qu’il donnait aux journalistes
Voilà sans doute une des raisons pour lesquelles, Obama, ce président si bien élu et respecté a choisi le Ghana plutôt que le Sénégal et le Niger, … La réalité est que dans notre pays, des questions comme celle de la gestion de l’Anoci suscitent encore des interrogations. Ainsi qu’il l’a fait remarquer à travers un des points de son discours au Ghana parlant de l’Afrique, synthèse du discours repris dans les colonnes du Quotidien de lundi 13 juillet 2009 : “Aucun pays ne peut créer des richesses si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement, ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue.” Obama n’est pas bush, et avec lui, le lobbying ne suffit pas. Il a bien choisi le Ghana, et même si demain, il devait venir au Sénégal, on sait maintenant au moins que la primeur réservée à ce pays, n’est point fortuite et nullement liée à une proximité linguistique.
La transparence est juste une question de respect des sénégalais. Et pour la transparence de la gestion que Karim attribue à l’Anoci, point de chemins détournés, mais plutôt un passage par les règles et procédures édictées par la loi, voilà !!! Karim attaque Tanor, nous on dit : “audit indépendant, pas autre chose”.
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